vendredi 9 mai 2014

Huit saisons et des poussières

Normalement, il sort aujourd'hui !

Huit saisons et des poussières
aux éditions des P'tits bérets 
illustré par Anne Montel

C'est un album pour les grands, à partir de 8 ans. 
Le père d'Amos rentre de deux ans passés dans un camp de concentration. 
Le lien se retisse, doucement, entre le père et son fils.



Voici quelques photos (prises par Anne Montel)


















Un extrait de texte ...

"Depuis qu’il est rentré, le père d’Amos reste la plupart du temps assis dans le grand fauteuil du salon. Il pose ses mains sur ses cuisses et regarde droit devant lui. Il ne fait rien d’autre. Et surtout, il ne parle presque pas.
Il est là, c’est tout.
Quand il est revenu, c’était une journée de grosse pluie. Toute la famille était près du poêle. La mère préparait la soupe, Sarah lisait, avalée par le fauteuil dans lequel le père s’est installé depuis. Amos faisait ses devoirs sur la table de la cuisine.
La porte de l’entrée s’est ouverte d’un coup, aidée par le vent. Ils se sont tournés brusquement et l’ont vu. Une ombre immense, là, sous leurs yeux, après deux ans, un mois et seize jours d’absence. Il n’a pas dit un mot. La mère a d’abord étouffé un petit cri, puis s’est précipitée vers lui. Elle lui a retiré son manteau trempé, elle l’a aidé à enlever ses bottes, l’a assis sur le fauteuil près du feu.
« Pousse-toi Sarah, laisse ton père s’asseoir là. »
Elle s’est agitée, a préparé un café, a coupé du pain. Amos et sa sœur n’ont pas osé bouger. Ils ont regardé les allées et venues de leur mère, hypnotisés. Ils n’osaient pas regarder leur père, leur minuscule père perdu dans le grand fauteuil.
Et puis la mère s’est assise, là, derrière le père. Elle a posé les mains sur lui. Elle a commencé à caresser ses épaules, doucement, doucement. Elle s’est mise à chanter une berceuse, un air pour les bébés, tout en lui caressant les épaules. Amos et Sarah sont restés longtemps comme ça, immobiles, à écouter leur mère chanter près du feu, à suivre les ombres danser sur le visage de leur père. La mère fermait les yeux, et chantait, et caressait, comme si elle voulait lui rendre en une fois les deux ans d’amour perdus.
Depuis ce soir-là, il n’a presque rien dit. Des jours que ça dure."


Déjà des articles ...


On en parle déjà chez Enfantipages !
"Ce n'est pas un ouvrage sur les camps et leurs horreurs, même si tout est là, au creux de chaque non-dit, c'est un album sur le revenir et le souvenir qui se heurtent terriblement, avant de se tendre la main. Les illustrations d'Anne Montel viennent soutenir le propos, merveilleuses de légèreté et de patience, par leurs si gracieuses touches. Un très beau livre à découvrir dès 8 ans."

Et sur le site Critiques libres. 
"Huit saisons et des poussières" est un livre qui aborde avec tact et justesse les relations familiales telles qu’elles auraient pu être au retour d’un déporté."



Merci à Caroline Perot pour sa confiance



3 commentaires:

  1. Un sujet toujours délicat à aborder en tant que lecteur, prescripteur ou auteur, mais si important à propager...

    RépondreSupprimer